Les Enfants de l\'Ô

de l \'écriture à la publication

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Livres électroniques

Un article de Vanessa du Frat28 avril 2008 à 21:22

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Je viens de voir une petite émission sur les livres électroniques destinée à la télévision suisse. On y parle de liseuses, de livres électroniques, et de la mort “potentielle” des livres papier. On a pu voir l’iLiad, le Sony Reader (dont le logo avait été soigneusement dissimulé), le Cybook, ainsi que le Kindle, mais seul ce dernier a réellement été “présenté” : pas un mot sur les trois autres, des images, certes, mais pas de nom, pas de détail. Alors que dans le cas du Kindle, on a bien insisté pour dire que c’était le bébé d’Amazon. Je me demande quels accords ils ont signé avec cette entreprise.

Certains ont peur pour l’avenir des librairies, d’autres semblent penser que le format “livre électronique” sera un flop. Personnellement, je crois que le livre électronique a un avenir, et je le crois depuis de longues années, ce qui est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai proposé LEÔ en version pdf à l’époque.

Je vais bientôt être l’heureuse propriétaire d’une liseuse, l’iLiad, de iRex. Je vous en parlerai dès que je la recevrai. Mais pour en revenir à ce reportage, j’ai trouvé qu’il ne mettait pas assez en valeur les liseuses, et beaucoup trop l’accent sur la disparition potentielle des livres papier.

En outre, gros moment d’incrédulité alors qu’ils font la pub d’un site dont je ne mettrai pas l’url ici, parce qu’ils ne méritent même pas les quelques visiteurs supplémentaires que leur apporterait ce blog. Ce site, au design très moche (oui, je sais, mon gros défaut, c’est qu’en tant que webdesigner, je ne peux pas m’empêcher de juger les sites des autres), propose une “plateforme de publication”, pour la modique somme de 150 chf (environ 90€) par auteur. Ladite plateforme (site archaïque et extrêmement mal conçu) est une simple page qui propose des téléchargements pour les auteurs présents. On ne sait pas trop où passent les 150 chf. Hébergement ? Allons bon. Marketing ? Publicité ? Euh…

“Il s’agit bien d’auto-édition à ne pas confondre avec l’édition à compte d’auteur.” Oui, c’est sûr. L’autoédition, c’est tout à fait ça. Pour moi, de l’autoédition, c’est quand un auteur entreprend toutes les démarches en vue de la parution d’un livre PAPIER, et pas quand un pseudo auteur envoie un fichier .doc à un prestataire de services pour qu’il le transforme en pdf et le mette sur son horrible site. Ce genre d’affirmations me sidère. Pour moi, quelque chose d’aussi mauvais a de nombreuses conséquences :

  • tous les gens qui ont suivi cette émission vont aussitôt avoir une mauvaise image des livres électroniques
  • ces mêmes personnes vont également avoir une mauvaise opinion de l’autoédition, alors que ce site n’a rien à voir avec l’autoédition
  • quelques auteurs désespérés vont donner 150 chf à ces charlatans en croyant accéder à la gloire éternelle

Bref. Apparemment, les livres électroniques ne seront pas présents au salon du livre de Genève, qui ouvrira ses portes après-demain. Et ce n’est pas avec des émissions comme celle que je viens de voir que l’opinion publique sur le livre électronique changera.



Un peu d´histoire, ou pourquoi j´ai choisi l´autoédition

Un article de Vanessa du Frat2 avril 2008 à 21:28

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A chaque fois que je rencontre quelqu’un par le biais de mon roman Les Enfants de l’Ô, la question qui revient sans cesse est la suivante : “mais pourquoi tu ne l’envoies pas à un éditeur ?”

Difficile de faire comprendre à quelqu’un qui ne connaît pas forcément toute l’histoire des Enfants de l’Ô qu’on n’a simplement pas envie de passer par l’édition classique. Et même quand c’est quelqu’un qui me connaît depuis des années et qui connaît très bien toutes les étapes par lesquelles je suis passée, je me heurte à une profonde incompréhension.

Pour beaucoup d’écrivains et encore plus de lecteurs, la publication d’un roman en édition classique est LA finalité, celle sans laquelle un roman n’est pas un roman, un écrivain n’est pas un écrivain. Bon, soyons honnêtes, beaucoup de lecteurs ne font pas la différence entre de l’édition classique, de l’édition à compte d’auteur ou de l’autoédition, donc au final, s’ils ont une version papier pas trop “amateur” entre les mains, ils sont contents. Pour les écrivains, c’est différent : certains cherchent la reconnaissance de leur talent, d’autres voient la publication comme l’étape ultime du parcours d’un roman, une poignée de naïfs espèrent gagner leur vie avec l’écriture. Après, il y en a aussi qui se fichent pas mal de la publication de leur roman, parce que ce qu’ils veulent avant tout, c’est partager le plaisir de l’écriture avec des lecteurs. Je ne dis pas que ce n’est pas également le cas de la première catégorie, mais cette seconde catégorie n’a pas d’attente particulière vis-à-vis de la forme sous laquelle le roman touchera leur public.

Vous l’aurez compris, je fais partie de la seconde catégorie, celle qui se fiche pas mal d’obtenir la reconnaissance via une publication en édition classique et qui n’imagine pas un seul instant faire de l’écriture son métier (ou au pire sous forme de journalisme scientifique, mais ça n’a rien à voir). Voilà pourquoi, il y a déjà quelques années, je me suis lancée dans la publication en ligne.

A l’époque, tout ceci est parti de l’envie d’apprendre à faire un site internet, et de deux copines qui avaient elles aussi décidé de publier en ligne (Lolyka, par Clairwitch, Aska par Cryss — ces sites sont désormais fermés, et c’est fort dommage, car des ouvrages de cette qualité sont rares sur le net). Je n’écrivais plus depuis quelques années (manque de temps, manque d’envie) et j’avais abandonné les Enfants de l’Ô dans un coin de mon ordinateur, sans même imaginer que j’y reviendrais un jour. L’idée de la publication en ligne m’a amusée et voilà, c’est comme ça qu’est né le premier site des Enfants de l’Ô.

Le texte était vieux, bourré de fautes, tellement lourd qu’il n’aurait même pas eu besoin de pierres pour couler direct au fond du lac, les personnages avaient un mental de gamins de 8 ans, l’histoire était niaise à souhait, etc. Faut-il que j’en rajoute ou vous avez compris que c’était vraiment nul ? En même temps, j’avais écrit cette histoire à l’âge de 13-14 ans, et je ne l’avais que peu retouchée. La dernière correction datait de mes 16 ans, après quoi je suis passée à autre chose (un autre roman, terminé).

Néanmoins, j’ai eu un certain succès. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas encore vraiment. Peut-être que l’âge de mes lecteurs de l’époque correspondait bien à cette version de l’histoire, peut-être que l’effet “novateur” du roman en ligne (je parle d’événements qui se déroulaient il y a 5 ans…) y était pour quelque chose, peut-être que vous, les lecteurs de la première heure, vous aviez vraiment mauvais goût, bref… Toujours est-il que j’ai retrouvé peu à peu la motivation et que j’ai écrit une suite à cette première partie, qui a été diffusée un temps sur le net, avant d’être remplacée par une toute nouvelle version de la première partie.

Bref, je vais abréger, je ne suis pas là pour réécrire les Enfants de l’Ô ^^ Les années passant, j’ai réalisé que la publication ne m’attirait pas (pour ce roman, en tout cas), pour toutes sortes de raisons, que je vais m’empresser de vous citer, sinon ce ne serait pas drôle :

  • les Enfants de l’Ô est une saga. Non seulement les sagas d’auteurs inédits ne sont pas franchement les pouliches préférées des éditeurs, mais dans le monde actuel où tout le monde veut tout faire vite-vite-vite, cet ouvrage se plaçait assez mal dans une optique de publication en édition classique de par sa longueur.
  • les Enfants de l’Ô appartient à un genre bâtard, qui n’est ni vraiment de la science-fiction, ni vraiment de la littérature “blanche”. Or, tout le monde le sait, la SF, c’est un peu l’enfant maudit de la littérature. (d’ailleurs, les Enfants de l’Ô s’appelait à l’époque les Enfants Maudits. Je devais être inconsciemment consciente (quelle belle phrase) de ce problème)
  • les Enfants de l’Ô est publié gratuitement sur internet depuis des années. Les éditeurs aiment bien publier des romans inédits, sinon, ce n’est commercialement pas très rentable.
  • je suis une chieuse de première, et je ne SUPPORTE pas les corrections si je les trouve injustifiées ou si elles dénaturent à mon sens l’histoire, le développement de mes personnages, l’ambiance, etc. J’ai publié plusieurs nouvelles, ça ne s’est pas toujours très bien passé (en fait, ça s’est très bien passé pour toutes sauf une), et je me suis rendu compte que jamais je n’accepterais de ne pas garder un contrôle total sur mon “bébé” (François, tu vas en baver :) ).
  • dans la lignée du point précédent, je suis une personne très dominatrice (paraît) qui aime tout faire elle-même (sauf le ménage ou descendre les poubelles, mais ça ne rentre pas dans le cadre de ce blog), et je veux garder un contrôle sur la maquette, sur l’illustration de couverture, sur la diffusion, bref, sur tout.
  • et pour finir, parce que tout cela m’amuse ! J’ai très envie de connaître le parcours d’un livre du début à la fin, et quoi de plus idéal pour ce faire que de se diriger vers l’autoédition !

Alors voilà, maintenant, vous savez (presque) tout sur ma volonté de publier les Enfants de l’Ô en autoédition. Aujourd’hui, à force de persévérance, les Enfants de l’Ô s’est fait une petite place sur le net, ce roman n’embête personne, il ne sera pas l’objet de déchirements entre divers clans, et je crois qu’au fond, les gens l’aiment bien, ce qui me comble de bonheur.

Les gens, merci. Grâce à vous, à votre soutien, j’ai renoué avec l’écriture, et vos petits commentaires ou messages concernant les Enfants de l’Ô me font un énorme plaisir. Au final, je crois que tout le monde y trouve son compte : je suis heureuse de partager mon roman, et vous aimez le lire (ou vous faites très bien semblant) !