Ça y est, le chapitre maudit est terminé. Chapitre maudit ? Je m’explique.
Vous est-il déjà arrivé d’être passionné par un projet, mais dans ce projet, il y a une étape nécessaire, ennuyeuse, que vous n’avez pas la moindre envie de faire mais qui est indispensable à tout le reste du projet ? C’est un peu le principe du chapitre maudit.
Ayant été longtemps dans l’incapacité d’écrire (problèmes de santé), la cinquième partie a été commencée, puis arrêtée pendant de longs mois, puis recommencée lentement. Problème : dans ma tête, l’histoire s’est développée, avec pas mal de rebondissements intéressants, et je me retrouve à piétiner d’impatience tellement j’ai hâte d’arriver à la fin, sans doute les quelques scènes les plus palpitantes de l’ensemble du premier livre (ce qui représente plusieurs centaines de pages. Euh, ok, je vais être honnête. Plus de mille pages). Or, un chapitre nécessaire mais qui ne m’attirait pas plus que cela (sûrement parce que je savais déjà tout ce qui allait s’y passer) devait encore être écrit avant de pouvoir foncer dans les nouveaux rebondissements, les nouveaux développements de l’histoire.
Ça a été dur de me motiver, mais c’est bon, le chapitre maudit est clos.
Quelqu’un m’a dit “si ça ne coule pas, c’est qu’il y a un problème en amont”. Je me suis posé cette question, mais j’ai du mal à m’en convaincre. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait quoi que ce soit comme problème, à part évidemment ma propre impatience. Les lecteurs qui vont arriver sur le chapitre maudit ne se rendront compte de rien (en tout cas j’espère
ça se trouve, je vais lancer un sondage “ce chapitre est-il le chapitre maudit ?” en haut de chaque nouveau chapitre publié ^^), mais moi, je suis obligée d’avoir une vision tritemporelle de l’histoire : passé, présent, futur.
Dans chacune des cinq parties des Enfants de l’Ô, il y a eu des chapitres maudits. Maudits, mais pas pour les mêmes raisons. Dans la première partie, mon chapitre maudit était le chapitre du procès, que François m’a très justement suggéré de virer entièrement (ce que je ne peux malheureusement pas faire, mais je vais faire au mieux). Dans la deuxième partie, euh… il y en avait un, mais ça ne m’a pas marquée. Dans la troisième partie, il y a eu un chapitre maudit, dont j’ai repoussé l’écriture jusqu’au dernier moment parce que je craignais de ne pas être à la hauteur. Je ne suis toujours pas sûre de l’avoir été, mais mes quelques bêta-lecteurs m’ont assuré que oui.
Je pense que, bien souvent, le chapitre maudit vient du fait qu’on ne maîtrise pas parfaitement le sujet que l’on aborde, ou, paradoxalement, qu’on le maîtrise trop, ce qui nous pousse à faire des raccourcis pas toujours clairs pour le lecteur (qui, lui, n’a pas passé une année à réfléchir à l’histoire) ou à perdre la spontanéité de l’écriture.
Et vous ? Chapitres maudits ou pas ?
