Les Enfants de l\'Ô

de l\'écriture à la publication

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Mémoire de poisson rouge…

Un article de Vanessa du Frat21 juillet 2011 à 1:06

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La mémoire de poisson rouge, c’est LE truc à ne pas avoir quand on écrit une grande saga familiale super compliquée qui se déroule sur plusieurs générations. Vous vous rappelez mon post précédent, celui dans lequel je désespérais de trouver une bonne solution pour mes settings temporels ? Figurez-vous qu’en faisant du rangement dans mon appartement, je suis tombée sur une vieille version des Enfants de l’Ô. Un truc qui faisait bien pitié (et non, je ne mettrai pas d’extrait. Cette version, heureusement, n’a jamais été diffusée nulle part !). Sauf que, dans le truc en question, j’avais nommé mes mois. Et là, je me suis souvenue qu’il y a au moins dix ans, j’avais eu le même problème, les mêmes questionnements, et que j’avais créé un calendrier.

Des fois, je me mettrais des baffes. Bref, reste encore le problème des années. Et puis je ne sais pas si je vais garder mon “ancien” calendrier (qui est plutôt simple et pas des masses original vu que j’avais calqué l’année sur l’année astrale, avec les mois qui portaient les noms de signes du zodiaque), ou en faire un nouveau. De toute manière, pour ne pas m’embêter, les mois n’auront pas de noms dans les petits settings temporels en début de chapitre, et je n’utiliserai mon calendrier que de manière purement anecdotique de temps à autre dans le bouquin.

Ah, et j’avais aussi fait une carte de ma planète, avec les continents, la population, le climat, et toute une chronologie. A cette époque, j’étais partie passer 10 mois en Autriche pour un séjour linguistique et je m’ennuyais grave ^^ Maintenant, faudrait m’attacher à une table pendant deux jours avec juste un bloc-note et un crayon pour que je refasse quelque chose du genre…



THE Dilemme

Un article de Vanessa du Frat26 juin 2011 à 1:27

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Avec un grand THE et un grand D parce que ça fait déjà plusieurs années que je le traîne, celui-là… Bon, comme vous le savez sûrement, je suis en grande “correction / réécriture partielle” de mon premier tome, et j’ai donc pris en compte les remarques (multiples) de mes lecteurs. Une remarque qui revenait très fréquemment, c’était celle sur la confusion entre les deux époques différentes dans lesquelles le bouquin se déroulait. Évidemment, moi je n’ai jamais trouvé ça confus car au final c’était très simple de s’y retrouver quand on avait compris que le seul perso qui se “déplaçait” entre les deux époques était Lúka, et que les autres restaient gentiment plantés toujours dans la même époque. Bref, je ne suis sans doute pas le bon exemple de lecteur lambda.

J’en viens aux faits… Ma solution à ce problème : donner au début de chaque changement d’époque une date et un lieu, comme ça, plus de confusion possible. Cette solution a été approuvée par plusieurs personnes. Oui, mais…

Mais maintenant se pose THE Dilemme : pour la faire brève (et caricaturer à gros traits car mon bouquin ne parle pas du tout de ça) il y a des gens qui vivent sur la Terre dans mettons une cinquantaine d’années, et d’autres qui vivent sur une autre planète, dans environ 300 ans (ou peut-être 400, ou 500, j’ai pas encore décidé, mais on s’en tape, ça ne change rien au problème). Comme bien souvent dans les grands clichés de la SF (dont je me sers à tour de bras car je préfère me concentrer sur les persos et que le background historique / politique / économique / … , soyons sérieux, j’en ai rien à braire), la nouvelle planète s’est frittée avec la Terre, résultat, les deux sont en guerre, et blablabla et blablabla. Pas original, je sais, mais je cherchais pas à faire original. Avec une histoire aussi compliquée que celle des Enfants de l’Ô, la dernière chose dont j’avais besoin, c’était un monde complexe, un environnement difficile à comprendre, et toutes sortes de choses qui ne servent à rien mais qui rendent l’histoire plus réaliste. Mais comme je ne suis pas Frank Herbert et que je n’ai pas son talent, j’ai un peu zappé tout ça pour me concentrer sur ce qui m’intéressait moi : les personnages.
Alors ces deux planètes se mettent sur la gueule depuis des années, et évidemment, la nouvelle planète a réclamé son indépendance (”and today is our Independence Dayyyyy!!!!” quelqu’un a saisi la référence ? ^^). Et par souci de “tout ce qu’il y avait avant c’était de la merde, créons notre propre monde où tout est mieux que chez les autres”, les habitants ont, sans doute, décidé de le customiser un peu (”et là, on va… dégager les angles !!!”).

J’en arrive au coeur du problème (après avoir perdu sans doute une dizaine de lecteurs potentiels qui ont dû se dire “mais c’est qui cette débile ???”) : au début de chacune de mes époques, donc, je vais mettre une date. Bon, c’est vrai, je pourrais me la jouer grand cliché de la SF, avec un truc à la “0600 ST (standard time) 04/17/2482″, mais je ne sais pas pourquoi, ça me tente moyen. C’est comme les trucs qui se passent dans cinq cents ans avec leurs 350 planètes-colonies peuplées chacune de plusieurs millions d’habitants (”Chers écrivains de SF… Les humains, c’est pas comme les souris, ça vous pond pas 12 bébés toutes les trois semaines”). (oui, je sais, j’ai fait ça moi aussi, mais j’étais jeune)

Donc la date, je la vois plus comme un truc du genre 24 février 2059, qui fait moins “cheap science-fiction” que ce que j’ai mentionné plus haut (là, je vais me faire haïr par les écrivains de SF qui ont fait ça… en même temps, je ne vise personne, je n’ai jamais lu de SF française. J’aurais peut-être dû, du coup). Mais voilà où le bât blesse : pour ma nouvelle planète et ses chers habitants qui étaient si contents de rejeter tout ce qu’il y avait avant, est-il plausible qu’ils gardent les mêmes noms de mois, de jours ? (là vous allez sans doute me faire la réflexion qu’il n’y a pas le même nombre de jours sur ma nouvelle planète, que ce n’est pas possible, etc. Mais en fait, si, à peu de choses près, il y a le même nombre de jours, et même que c’est pas possible et que c’est pour ça que c’est fait exprès, merci aux gens qui ont pensé (et il y en a eu) que c’était juste n’importe quoi et que je n’avais pas réalisé que la probabilité était infime pour qu’un truc comme ça arrive)

J’avoue, je l’ai dit plus haut, je ne lis pas de SF française (c’est sans doute un tort, mais c’est juste que, ben… allez-y, en fait, proposez-moi des bouquins, je serais ravie d’en lire, juste qu’à maintenant je me suis concentrée sur les grands auteurs américains, mais il y a sans doute des auteurs français tout aussi géniaux). Je ne sais donc pas comment ça se passe dans la littérature francophone. Je sais juste que je n’ai pas envie d’un 0600 ST (standard time) 04/17/2482. Par contre, je lis de la fantasy (précision : je corrige de la fantasy, c’est d’ailleurs la seule occasion dans ma vie où je lis de la fantasy car je n’aime pas ça (grosse contradiction, car j’ai beaucoup aimé tous les romans que j’ai corrigés / relus), ce n’est pas trop mon truc. En fait, mon truc, c’est la littérature générale. On dirait pas, comme ça, mais si). Et en fantasy, il y a toujours des super calendriers inventés qui déchirent tout, avec des noms de jours, des noms de mois, des trucs tout le temps très sympas (et souvent aussi des petites notes façon “extrait de bouquin d’histoire du mage Bidule”. J’aime bien, mais ça fait très fantasy. Cela dit c’est un excellent moyen de placer son univers sans saouler le lecteur pendant le récit).

Bon, pour ceux qui ont lu jusque-là (merci !!! Je vous assure que mon bouquin ne ressemble pas à mes notes de blog), THE Dilemme va enfin être dévoilé. Sachant que mon bouquin n’est pas de la fantasy mais de la SF, serait-il plausible que les gens aient inventé un nouveau calendrier pour se détacher de l’ancien régime (toute référence à Napoléon et à ses Brumaire & Co est purement fortuite, évidemment) ? Auquel cas, c’est bon, j’ai un calendrier très cool (merci Lily !!!), j’ai même potentiellement des jours de la semaine très sympas aussi (tomate, pomme de terre, topinambour, fenouil, basilic, chou-fleur… là encore, toute référence au calendrier républicain ne peut-être que fortuite. Bon, je déconne, hein, faut pas charrier. Je vois bien mon perso dire “je viendrai te chercher tomate prochain, mets une belle robe”). Maintenant, le truc, c’est que mon bouquin, justement est : 1. de la SF  2. assez compliqué comme ça  3. une belle déception pour tous les gens qui l’ont lu en pensant que j’avais développé tout un monde, un peu comme Dune.

Mon problème est le suivant : les avis divergent. Certains me disent qu’en effet il serait illogique que les colons aient gardé les noms d’avant, car avec la guerre et tout, on ne peut pas dire que la nostalgie était au rendez-vous et que pour se détacher de cette période sombre, il paraîtrait assez sensé de trouver de nouveaux noms. D’autres me disent (certainement à raison, je suis d’ailleurs assez d’accord) que ce n’est pas utile à l’histoire, et que ça ne sert à rien de compliquer davantage. Je sais, je ne pourrai jamais avoir un truc 100% réaliste ou même logique, mais là, ce truc me pose un problème. Depuis des années. Il m’a fallu 14 ans pour trouver un nom à ma planète (c’est fait !!!), et depuis à peu près 10 ans, j’ai fait mumuse avec des calendriers, des écritures différentes, des conversions pour obtenir l’âge des persos sur différentes planètes qui n’avaient pas le même temps de rotation autour de leur soleil (je ne vous dis qu’une chose : c’est chiant pour l’auteur et incompréhensible pour le lecteur).

Donc voilà, qu’en pensez-vous ? Plutôt 0600 ST (standard time) 04/17/2482, plutôt 17 avril 2482 6h du matin, plutôt 17 Nivôse LXXXII (soyons fous ^^) ? Sachant que si j’invente un calendrier, ça n’aidera pas des masses le lecteur à comprendre le temps qui passe, car qui va lui dire que le mois de la tomate se passe trois mois avant le mois du fenouil ? Et comme je n’ai pas le luxe des extraits de l’autobiographie du Mage Bidule et que je ne me vois pas faire un “attention, voilà la minute science où je prends le lecteur pour un débile et lui montre que j’ai bien fait mon travail de recherche” à la manière d’un écrivain français de SF que nous ne citerons pas, je ne sais pas trop comment m’en sortir… L’ambiance n’est pas trop propice au perso qui va soudain se souvenir que le calendrier de cette planète commence par tel mois, est suivi de tel et tel mois, etc. en plein milieu de l’action.

Conclusion : je fais quoi ?

(et merci d’avoir suivi, il est tard et des fois, le soir, je pète un peu un câble et je fais ma fofolle, ce qui donne des articles de blog un peu… bizarres et allumés)



Note de lecture sur le livre intitulé Corrections, de T. Bernhard.

Un article de diemertetienne18 novembre 2009 à 17:12

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Après la mort par suicide de Roithamer, homme de science et architecte génial du Cône, le narrateur est chargé de mettre en ordre et d’archiver ses écrits en vue d’une édition posthume ; parmi ceux-ci l’ouvrage sur Altensam, d’où est originaire Roithamer, qui tient compte de la construction du Cône, a subi un étrange processus de correction de la part de son auteur. J’aimerais en rendre compte en le qualifiant de cas limite d’autocorrection.

 

Ma première remarque sera pour l’autocorrection. S’il est possible de corriger un écrit que l’on a soi-même commis, ce geste doit pourtant appeler une réserve. En effet, le correcteur arrive en position de tiers entre le texte et l’auteur : à ce titre, le correcteur est souvent appelé le « premier lecteur ». Or, l’autocorrection supprime cette fonction de tiers et ce détour nécessaire par l’autre. Cela revient, pour un médecin, à s’autodiagnostiquer, ou pour un psychanalyste, à s’auto-analyser (ce que Freud, en pionnier de la psychanalyse, a bel et bien fait, cf. L’Auto-analyse de Freud, Didier Anzieu). Notez que je distingue bien ici entre relecture et correction pure.

 

Voici en quoi cette correction de son œuvre par Roithamer est monstrueuse :

1) Sa correction correspond à une destruction.
Tout correcteur est conscient du caractère limité de son intervention sur un texte, qui plus est un texte littéraire ; il doit œuvrer dans le plus grand respect de l’auteur et se mettre entièrement à son service, dans le but de bonifier l’écriture. Dès lors, la démarche inverse, qui consiste à s’acharner sur un texte jusqu’à le faire disparaître, est tout à fait intéressante : il s’agit là d’une outrance du correcteur. Selon les termes de Thomas Bernhard, Roithamer a corrigé son étude « à mort ».

« Son assez longue étude sur Altensam […], il l’a de nouveau détruite en se mettant à la corriger et à la recorriger sans cesse et ici, dans la mansarde Höller, après la mort de sa sœur, il l’a finalement et définitivement réduite à néant par ses corrections incessantes, comme il le croyait, il l’a corrigée à mort et par là réduite à néant. » (p. 98)

2) Sa correction est un processus de réduction du texte.
Roithamer compose trois versions successives de son œuvre littéraire, inséparables, et issues l’une de l’autre. Sous l’effet du doute, qui serait le moteur même du processus de correction/rédaction, ces versions sont toujours plus courtes et plus denses : de huit cents pages, l’auteur passe à trois cents, puis à une synthèse de vingt pages, qu’il envisage de réduire encore puis de brûler — sans s’y résoudre.  

«  Que l’on pense : d’une matière comprenant plus de huit cents pages, finir par en tirer une ne comprenant plus que vingt ou trente pages, à ce que je sais, et ensuite avoir ainsi, d’une façon générale, mis en doute et détruit cette production tout entière, qu’il avait toujours désignée comme le plus important des produits capitaux de son esprit, l’avoir mise en doute et détruite, comme il le croyait, précisément par ce processus de renversement incessant de toutes ses pensées à l’intérieur de l’ensemble et de correction. » (p. 202) 

3) Sa correction est un retournement du sens.
Non content de parvenir  à une épure ou à un résumé, dont la tentation serait le « rien » ou un hypothétique degré zéro, le personnage transforme son étude de part en part : il engendre de la nouveauté à partir de l’objet pourtant achevé dans une première version et le retourne en un sens opposé. Inutile de préciser qu’une telle manœuvre de subversion par la correction serait un cauchemar pour n’importe quel auteur.

4) Cette correction « à mort » — à la fois destruction, réduction, et retournement du sens — est en fait l’achèvement même de l’œuvre.

« Son étude sur Altensam […], en retournant son sens par une correction totale, selon ses propres paroles, pour lui donner un sens opposé, il l’avait achevée. Effectivement, du fait que Roithamer, dans un processus infâme de correction, a retourné le sens de son étude pour lui donner un sens opposé, cette étude est devenue seulement alors une étude accomplie. » (p.99)

 

Dans ce processus de correction, il faut voir une métaphore du perfectionnisme obsessif du personnage et du soin méticuleux — finalement vain et inutile — qu’il a apporté à la construction de son œuvre majeure, destinée à sa sœur : le Cône d’habitation. Ce processus, tout d’ironie pour le monde de l’édition, n’est évoqué que dans deux brefs passages : le bouquin tourne en fait autour de la figure du narrateur, chargé de « trier et mettre en ordre » les écrits de l’architecte, puis autour du contenu du fameux rapport sur Altensam : détestation de l’Autriche, haine réciproque avec le personnage de la mère, exil en Angleterre… 



Le début de la fin !

Un article de Vanessa du Frat23 novembre 2008 à 15:26

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Ça y est, j’ai passé la barre des 50′000. Depuis hier soir, en fait. Je continue ma progression lente, beaucoup trop lente, vers les 75′000, tout en sachant que j’ai encore un boulot énorme après le 30 novembre pour terminer ce 5ème opus.

Mon roman me fait peur. Pas par sa longueur, non, après tout, ceux qui me connaissent savaient bien que j’allais écrire quelque chose d’énorme. Mais parce qu’avec ce 5ème tome, je boucle le premier cycle. Je ne peux pas en dire trop pour cause de spoiler, mais… Je crois que je vais avoir l’impression que quelqu’un de proche est mort, quand j’écrirai le point final. Au moins pour quelques jours. Pour le moment, j’ai une vague idée de la suite (enfin, non, je connais la suite), et repartir pour un tour me fait peur.

D’un autre côté, impossible d’arrêter. Si je ne me plonge pas directement dedans, je sens que je vais laisser ce roman de côté, repousser tout le temps le moment de commencer, pour finir par abandonner. Et je ne pourrais pas faire ça à mes lecteurs. Mais… un nouveau cycle, de nouveaux personnages, une nouvelle intringue, la perte de mon environnement familier, la séparation d’avec les personnages que je connais par coeur, que j’ai chéri pendant toutes ces années… C’est horrible. Franchement, je ne sais pas comment faire. Ça se trouve, je vais finir avec une dépression post-partum, ça ne m’étonnerait qu’à moitié.

Que faire ? Actuellement, les Enfants de l’Ô, c’est ce qui me permet de tenir (et en même temps, je m’épuise et me ruine la santé à terminer ce 5ème tome). J’ai vraiment peur de ce qui va se passer quand je bouclerai ce fameux 5ème tome, celui que j’aurai mis près d’un an et demi à écrire.

Le travail qui m’attend derrière me rassure en partie. Depuis le tout début, je repousse le moment de faire des fiches, de développer mon monde de manière logique (mais cette fois, l’apparente “incohérence” du monde futuriste qui ressemble à notre XXème siècle a été expliquée. Vieux motard que jamais, comme on dit. Après tout, expliquer à cent pages de la fin, c’est quand même expliquer !). Je sens que mon appartement va se tapisser de grandes frises chronologiques, que mon bureau va croûler sous un énorme plan, dans lequel je vais reprendre point par point CHAQUE scène de l’histoire. Que je vais m’arracher les cheveux en corrigeant le premier tome… Pffff… Drôle de truc, ce roman. Un peu comme un sale gosse qu’on est content de foutre en pension, mais qui nous manquera quand même.



Des avantages et des inconvénients du plan

Un article de Vanessa du Frat9 juillet 2008 à 22:22

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Comme vous le savez tous, à présent (enfin, je pense), je me suis engagée à écrire 1000 mots par jour. Promesse tenue jusqu’à maintenant, à l’exception de mon voyage à Nice (il me reste encore 4800 mots à rattraper). En conséquence de quoi, j’avance plutôt bien dans le roman, puisque j’ai terminé hier soir le chapitre XIII-5.

Cependant, je me suis dit qu’il était plus que temps de faire un plan, histoire de ne pas partir dans tous les sens si près de la fin (enfin, près de la fin, il reste au moins la moitié, mais passons). Je me suis donc traînée jusqu’à la plage (ça, je le mets juste pour vous dégoûter), j’ai pris mon papier, mon stylo, et ma feuille d’éléments à placer avant la fin (oui, j’avais quand même un truc comme ça, malgré mon absence totale d’organisation. Notez bien que j’ai mis plusieurs heures à le retrouver, ce qui tend à prouver son utilisation fréquente et régulière…).

J’ai passé une petite demi-heure à faire le plan des trois prochains chapitres, avec, à côté de chaque scène, une approximation du nombre de pages, afin d’être sûre de ne pas avoir un chapitre de trente pages puis un autre de cinq…

J’en viens au sujet de cette entrée, à savoir les avantages et les inconvénients du plan. Là, beaucoup vont dire (enfin, les deux trois personnes qui viennent sur le blog) que le plan, c’est génial, que c’est indispensable, que c’est la clé de voûte du roman, la huitième merveille du monde, et que sans plan, un roman est forcément nul et déstructuré. Je pense qu’un plan est parfois nécessaire, mais que bien souvent, à vouloir trop détailler, on perd l’essentiel : la spontanéité du récit. Et pour moi, la création d’un plan hyper détaillé représenterait à coup sûr la mort du roman, car mon petit plaisir, c’est de me laisser porter par l’histoire et de la découvrir en même temps que je l’écris. Si je fais plusieurs semaines de préparation pour ne rien laisser au hasard, je ne deviens plus qu’une rédactrice, et ça m’ôte tout le plaisir de l’écriture. En plus, cela empêcherait mes personnages de prendre le contrôle et enlèverait leur réalisme.

Néanmoins, un plan présente évidemment de nombreux avantages, sinon, personne n’en ferait. Bien souvent, il nous permet de remarquer LA grosse incohérence que nous avions négligée, et surtout, il donne un cheminement logique à l’histoire, cheminement que j’ai parfois tendance à perdre de vue dans les Enfants de l’Ô à cause des nombreuses intrigues en parallèle, et surtout, de la longueur du roman (un peu plus de mille pages à ce jour. Et NON, François, je n’ai pas l’intention de couper pour en faire un bouquin de 150 pages, pas la peine de le proposer dans les commentaires ^^ Je te connais !). A chaque fois que j’arrive vers la fin d’une partie (enfin, d’un tome, vu que j’ai finalement opté pour ce terme), je fais un plan pour les cinq à six derniers chapitres, pour être sûre de ne rien oublier. Evidemment, je ne suis qu’à moitié ce plan, mais au moins, il me permet de me mettre les idées au clair.

Ici, comme il s’agit du tome final d’un cycle, beaucoup de réponses sont données (pas autant que vous ne le voudriez, je le crains…), et je clos plusieurs intrigues (on va savoir qui est la femme en noir :)). Donc je m’y prends un peu plus à l’avance que d’habitude.

Mes plans sont très succins, ils présentent les scènes (sans aucun détail, juste “Scène Lúka + Line à propos de machin truc”) avec une approximation du nombre de pages. C’est tout. Ce sont désormais mes nouvelles balises, que je décide de respecter, et entre lesquelles j’ai bien sûr le champ libre pour rajouter quelque chose. Ce qui fait qu’en règle générale, si je décide de faire un plan pour les chapitres 14, 15, 16 et 17, bien souvent, j’arrive au chapitre 17 tout en étant encore, au niveau des balises, à l’action du chapitre 15. Du coup, je refais un plan, avec les nouveaux éléments.

Et vous, avec ou sans plan ? J’ai déjà évoqué le problème du plan dans Méthode de travail, mais je voulais m’y attarder un peu plus.



De la difficulté de créer une ville, et par extension, un monde.

Un article de Vanessa du Frat5 juillet 2008 à 0:12

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Jusqu’à maintenant, j’ai toujours choisi la facilité : descriptions pauvres, points de vue de personnages connaissant la ville, donc parti pris de ne pas la décrire (vous vous arrêtez souvent, vous, en admiration devant votre ville natale, pour passer en revue l’histoire de sa construction et son architecture ? En tout cas, moi, ça ne m’est jamais arrivé). Mais là, mon couple de personnages arrive dans une nouvelle ville, qu’ils ne connaissent ni l’un ni l’autre, et qui est suffisamment différente de tout ce qu’ils ont vu jusqu’à présent pour qu’ils en soient étonnés et la décrivent.

Sauf que voilà, du coup, il faut que je l’invente, cette ville… Et vu comme j’étais partie, je décrivais une ville en plein désert sortie de nulle part. Heureusement, Lily est plus experte que moi dans ce domaine et m’a rappelé quelques règles de base :

  • construire près d’un point d’eau conséquent
  • utiliser les matériaux présents sur place
  • réfléchir au nombre d’habitants de la ville et l’adapter en conséquence
  • prendre exemple sur des villes construites récemment

Elle a aussi proposé des trucs sympas, genre les quartiers à thèmes. Mais étant une habituée de New York et d’autres grandes villes, c’était probablement le seul truc auquel j’avais pensé toute seule. Je me suis dit que des colons risquaient d’être nostalgiques de leur patrie d’origine et de reprendre certains de ses symboles. On le voit bien, d’ailleurs, avec les Etats Unis. Combien de villes portent le nom de villes européennes ?

Alors voilà, je me sens bien de mettre l’Opera de Sydney ou un autre bâtiment marrant en plein milieu de la ville. Grâce à Lily, ma ville est construite au bord de l’océan, et la vieille ville, conservée comme souvent, est composée de bâtiments de brique rouge :)

J’ai choisi des métros aériens et souterrains pour les transports, ainsi que quelques bus. (Et là, vous vous dites, ok, on a compris, ta ville, c’est New York) Et comme ils avaient plein de place, il y a beaucoup de jardins et de grands espaces. Et ils profitent aussi de la présence du port et de l’océan pour avoir de sympathiques petits ékranoplanes qui font les plus longs trajets (un grand merci à mon chéri pour l’histoire des ékranoplanes, d’ailleurs !).

Bref, ça commence à prendre forme, mais ce n’était pas facile. Et, chose très marrante, je viens de trouver sur mon ordinateur une image qui est à peu de choses près ce que je veux pour ma ville. C’est drôle, la personne qui a créé cette ville a aussi pensé à remettre des monuments symboliques importants. (clic droit sur l’image pour l’avoir en plus grand, afficher l’image)

Après, du coup, je me suis posé toutes sortes de questions sur le monde où se déroule l’action des Enfants de l’Ô. J’ai décidé de laisser tomber le nom Lambda pour la planète, car maintenant, Alpha, Lambda, Epsilon, tous ces charmants endroits aux noms d’une époustouflante originalité se trouvent sur une seule et même planète, et j’espère bien que vous allez m’aider à trouver un nom génial, parce que vous avez pu constater que ce n’était pas mon point fort ^^

Et là… Mon copain, comme toujours, pose le doigt sur les problèmes… Quel pourcentage de terres émergées ? Combien d’heures pour la rotation de la planète sur elle-même ? Quel diamètre ? Et moi, ben… “Euh, comme la Terre !” Oui, je sais, la probabilité de trouver une exoplanète de la même taille que la Terre, qui a la même durée de rotation sur elle-même, qui a la même durée de rotation autour de son soleil (à noter que leur soleil est de la même classe que le nôtre), qui a la même atmosphère, un climat similaire, etc. etc., approche le zéro absolu. Mais bon. Du coup, j’ai décidé de faire de cette faiblesse une force ! Je n’en dis pas plus pour le moment (surtout que je n’ai pas encore vraiment déterminé comment j’allais faire ça).

Dites, les écrivains de fantasy parmi vous, les créateurs de monde, tout ça, est-ce que vous connaissez un bon logiciel pour dessiner la carte d’une planète ? Mon copain en a besoin pour dessiner la planète.
D’autre part, est-ce que vous auriez des conseils ou des trucs à ne pas négliger ? Merci d’avance !

Et n’hésitez pas à partager ici vos expériences — désastreuses ou non — de création de villes ou de planètes !



Remise en question, le retour !

Un article de Vanessa du Frat14 juin 2008 à 22:58

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Vous vous souvenez de ce post ? Eh bien, je tergiverse, je tergiverse, et… J’en suis arrivée à plusieurs autres conclusions :

  1. le nombre de planètes différentes me dérange, mais j’ai besoin d’avoir au moins TROIS planètes différentes dans l’Alliance Alpha pour que l’histoire fonctionne de manière réaliste. Alpha, Lambda, et… une autre planète dont je tairai le nom.
  2. je préfère recentrer l’action dans un système de planètes rapprochées, du style la Terre, Mars, Vénus. Pourquoi ? Une seule raison : la communication. Si un gus envoie un message à un autre gus sur une autre planète, si le message arrive quatre jours plus tard, c’est moyen. Sans compter que pour passer d’une planète à l’autre, c’est mieux aussi de ne pas mettre trois ans.
  3. donc, pour reprendre le point 2, je veux une communication assez rapide, mais je ne veux pas qu’on puisse faire le trajet “Alpha-Lambda” en quelques heures seulement. J’envisage un trajet assez long, du style “Paris-Auckland”. Pour toutes sortes de raisons, il ne faut pas que ce soit trop simple d’aller sur Alpha. Et soyons lucides, dans le monde que j’ai bâti, ce ne serait pas très logique de mettre 25 heures à faire le trajet “Paris-Auckland”.
  4. l’histoire du “fond de teint” mat pour cacher la pâleur du teint de Line et de Lúka, honnêtement, c’est hyper cheap. Donc ça, je vire. Et bon débarras.
  5. je vais aussi faire un assez gros changement à un niveau de l’histoire, qui n’aura pas vraiment d’incidence sur ce que vous avez déjà lu, mais bon, faut quand même ménager un peu le suspense, donc j’évite d’en parler ici :)

En tout cas, le tome 1 version papier sera différent de la version “roman en ligne” sur pas mal de points. Je me réjouis déjà de me plonger dans les corrections, et dans la réécriture complète du chapitre 1.



Ce roman aura ma peau

Un article de Vanessa du Frat22 mai 2008 à 0:43

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Je viens de terminer le chapitre IX-5, et j’ai bien cru que ce chapitre resterait éternellement inachevé, depuis le temps qu’il traînait sur mon ordi. Enfin, j’y ai mis le point final et il est tel que je l’espérais, même si je me suis évidemment laissé emporter par l’action et que mon mini-plan s’en est trouvé mis à mal. Du coup, je finirai ce pan de l’histoire avec le chapitre X-5, ce qui me convient bien aussi, parce que ça fait un chiffre rond.

Ce chapitre s’inscrit directement dans la lignée du chapitre charnière dont je parlais il y a quelques semaines : beaucoup de personnages à gérer, une action pas très présente car tout passe sous forme de sous-entendus et de rapports tendus, d’atmosphère malsaine, etc. J’ai évité le dialogue Line contre Line avec soin, mais je ne m’estime pas sauvée, loin de là…

Bientôt, je vais devoir affronter LE défi de cette cinquième partie : Alpha. Que ce soit sous forme de planète ou de supermégalopole, Alpha est bien plus évoluée technologiquement que Lambda, et je vais devoir me livrer à une activité que je n’aime guère : les descriptions. Je ne veux pas non plus tomber dans le cliché de la ville-technologie, avec ses architectures arrondies, ses voitures volantes, bref, l’an 2000 tel qu’imaginé dans les années soixante (un cookie à celui qui me trouve la référence !). Star Wars l’a fait, le 5ème élément l’a fait, et sans doute plein d’autres auxquels je ne pense pas maintenant, mais si je peux éviter de faire une ville qui ressemble à toutes les villes du futur et à tous les clichés populaires, ce serait pas mal. Cela dit, je vois mal comment procéder, vu qu’objectivement, c’est un peu à ça que ressembleront les villes dans 400 ans, si l’homme est toujours sur cette planète.

Le fait d’avoir décidé de faire d’Alpha une simple capitale sur un autre continent au lieu d’une planète-mère éloignée m’enlève déjà une sacrée épine du pied : je n’aurai pas besoin d’expliquer tout de suite la manière dont ils passent d’une planète à l’autre ^^

En tout cas, je ne pensais pas dire ça un jour, mais je serai drôlement contente lorsque j’aurai bouclé la cinquième partie, parce que ça me permettra d’avoir un regard d’ensemble sur le premier cycle. Peut-être que je prendrai même quelques mois pour écrire un autre roman, qui sait ?

Ecrire une longue saga, c’est difficile, et surtout, ça n’aide pas à se diversifier. Cela dit, heureusement que j’ai les Enfants de l’Ô, parce qu’avec ma maladie, je ne vois pas trop comment je pourrais me lancer dans d’autres écrits. Là, les personnages et l’histoire sont tellement bien définis dans ma tête que j’arrive quand même à avancer un peu, malgré mes problèmes de concentration.

Le seul problème que je vois, c’est que la cinquième partie est d’une grande complexité et j’ai un peu peur de la gâcher en ne parvenant pas à avoir l’esprit suffisamment concentré sur tous les petits trucs auxquels il faut absolument que je pense. Quand je vois que j’ai de la peine à écrire une phrase et que l’estimation de cette 5ème partie tourne autour de 150′000 mots (c’est une estimation par la négative, il est plus que probable que la 5ème partie fasse 200′000 mots), je me dis, waooo, encore un très très long chemin à parcourir pour boucler ce premier cycle !

Allez, on va croiser les doigts pour que je ne meure pas avant.



Méthode de travail - Vanessa

Un article de Vanessa du Frat11 mai 2008 à 22:54

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Après l’impressionnant article de Lily sur sa technique d’écriture, je vais vous parler de la mienne, très très différente. Les gens s’imaginent souvent que lorsque l’on écrit une longue saga comme les Enfants de l’Ô, on est très organisé, avec des listes partout, des fiches de personnages, une fresque chronologique très détaillée, des centaines de notes, etc. etc.

Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis une personne extrêmement bordélique. Je me retrouve très bien dans mon désordre, mais il est vrai que j’aimerais parfois être plus organisée. Je travaille là-dessus, progressivement. J’ai même acheté un carnet spécial pour me faire des fiches de personnages et développer l’univers des Enfants de l’Ô. Pour l’instant, je n’y ai écrit qu’un truc, et qui n’est même pas important pour ce que j’écris actuellement.

L’histoire des Enfants de l’Ô a germé dans ma tête il y a de cela plus de dix ans (13, pour être exacte) et a tellement changé au fil du temps que seuls les personnages principaux (les jumeaux Tio et Tia Romavitch) sont restés, avec une minuscule partie de l’histoire. Il y a des avantages et des inconvénients à traîner une histoire sur si longtemps. On connaît parfaitement ses personnages, leur caractère, leur passé. Cela leur donne un certain réalisme. En revanche, on ne voit plus les défauts de son histoire (voir cet article), ce qui n’est pas bon du tout.

Je n’ai pas à proprement parler de méthode de travail. Je me mets devant mon écran ou devant ma feuille, et j’écris. J’ai, pour mon histoire, ce que j’appelle des “balises” : des passages obligés. Entre deux balises, je laisse l’histoire se développer toute seule. L’important, c’est d’arriver à la prochaine balise. Là encore, points positifs et points négatifs : l’histoire est dynamique, je ne m’ennuie pas en l’écrivant, mais elle a également tendance à prendre des proportions incroyables.

Certes, je pourrais cadrer mon histoire, écrire un plan détaillé, chapitre par chapitre, mais franchement, je préfère m’amuser un peu plus. Me retrouver à simplement lier des événements listés et parfaitement saucissonnés, cela ne me plaît pas. Pour moi, une grande partie de l’intérêt d’écrire réside dans le fait de découvrir l’histoire peu à peu.

Très souvent, lorsque je commence un chapitre, je ne sais qu’une partie de ce qui va s’y passer. L’autre partie arrive toute seule, quand je ne l’attends pas, et bien souvent, elle aboutit à de nouveaux développements de l’histoire, qui la rendent plus intéressante. Après un certain point, je suis obligée de faire des plans, par exemple lorsque l’histoire touche à sa fin. Mais je me connais : je prévois trois chapitres, je me retrouve avec trente.

Pour vous donner une petite idée, avant de réécrire ce qui est maintenant la première partie des Enfants de l’Ô, j’ai fait un plan détaillé, chapitre par chapitre. Actuellement, je me trouve, sur ce plan, au chapitre cinq… Les plans et moi, apparemment, ce n’est pas l’amour fou.

J’ai très souvent de nouvelles idées pour le roman quand je conduis, quand je suis dans la salle d’attente du médecin, juste avant de m’endormir, etc. etc. Du coup, je me balade toujours avec un petit calepin rempli de notes, que je ne relis jamais (d’où l’intérêt), puisque si l’idée est bonne, elle reste. J’ai également un dictaphone, parce que lorsqu’on se réveille à 3h du matin avec une idée géniale, on n’a pas forcément envie de remuer la pièce pour trouver une feuille et un stylo.

Cela dit, pour la correction en profondeur du roman, j’ai l’intention de poser quelques bases : une chronologie détaillée, des données bien étudiées sur le monde, son fonctionnement, des fiches pour les personnages secondaires (parce que j’ai l’air maligne quand je dois feuilleter mon bouquin pour retrouver comment s’appelle tel ou tel chercheur).

Mais bon, je vais quand même dévoiler quelques trucs, sinon cet article n’a pas tellement de sens. Avant de commencer un chapitre, je prends une feuille et j’y inscris les événements clés dudit chapitre, avec, à côté, une estimation du nombre de pages que prendra chaque événement. Le but étant d’arriver à garder des chapitres homogènes, pour éviter d’avoir un chapitre de 5 pages et un autre de 25. En général, mes chapitres font 6000 mots. J’avais commencé avec 5000, mais je me suis laissée dépasser. Les derniers chapitres d’une partie peuvent être plus longs. Cette contrainte m’aide à me cadrer, et vu le format que j’utilise (publication chapitre par chapitre sur internet), c’était presque indispensable.

Autre chose : je ne refuse rien aux personnages. Parfois, j’ai un développement bien arrêté pour un chapitre, et quand j’y place mes personnages, ils refusent tout net de suivre le chemin que j’ai créé pour eux. Alors je les laisse n’en faire qu’à leur tête, du moment que les balises sont respectées. L’histoire est plus intéressante à écrire pour moi, et surtout, je ne risque pas de tomber dans le OOC (out of character).

Voilà ! A vous !



Grosse remise en question

Un article de Vanessa du Frat16 avril 2008 à 20:32

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Vous le savez, les Enfants de l’Ô, c’est un peu mon bébé et ça fait des années que le traîne : je l’abandonne, je le reprends, je l’abandonne de nouveau, j’écris la suite, je l’abandonne, je réécris tout… Bref, c’est un projet de longue haleine.

Or, j’ai remarqué quelques défauts persistants dans ce roman qui viennent clairement de l’attachement que j’ai au projet de base, à savoir le tout premier jet des Enfants de l’Ô, qui date de mes… quatorze ans. Quand on travaille pendant des années sur un roman, on finit par s’habituer si bien à l’ensemble de l’histoire qu’on ne voit plus ses failles.

Récemment, j’ai mis le doigt sur quelque chose qui me gênait depuis le début et que je contournais toujours comme je le pouvais : les planètes. Pour ceux qui ne connaissent pas le roman, il y a une planète-mère, Alpha, qui a réclamé son indépendance voilà environ 200 ans, et qui possède une panoplie des planètes-filles, tous moins habitées les unes que les autres. L’histoire se passe sur une de ces planètes, une des dernières à être colonisée : Lambda.

Pour contrebalancer ce qui s’appelle “l’Alliance Alpha”, nous avons “l’Alliance Toria”, à savoir la Terre sous sa nouvelle forme gentiment radioactive et à moitié rasée, et ses planètes-filles (moins que pour Alpha, parce que bon, ils ont quand même pas mal morflé pendant et après la guerre d’indépendance et ils n’avaient pas trop la tête à se balader dans l’espace pour ramasser des planètes).

Depuis le début, j’ai beaucoup de mal avec toutes ces planètes, parce que soyons honnêtes : elles ne servent strictement à rien, à part qu’à l’époque, c’était super “in” d’avoir plein de planètes, et surtout, l’histoire se passait dans un futur beaucoup, beaucoup plus lointain (dans une galaxie très très lointaine, blablabla, et non, je n’ai jamais été fan de Star Wars, bien au contraire, je n’aime pas vraiment (à part Harrison Ford, bien sûr, mais je m’écarte du sujet)). J’ai fait évoluer l’histoire, mais j’ai conservé le “setting” initial, à savoir les deux alliances qui se tapent sur la gueule, les planètes-mères, les planètes-filles, et les gens qui se promènent on ne sait trop comment entre les planètes distantes de beaucoup de millions d’années-lumière. Le dernier point était sûrement le plus embêtant, et évidemment, je me gardais bien de donner des explications.

A la suite de la visite du CERN (juste à côté de chez moi) avec le cousin de mon père, un passionné de physique, qui lit les Enfants de l’Ô, et surtout, à la suite de la discussion que nous avons eue à ce sujet, je me suis rendu compte que ça n’allait vraiment pas. En tant que scientifique qui se respecte (je suis biologiste, orientée génétique du développement, et j’ai fait mon master sur la polydactylie, pour la petite anecdote ^^), je déteste quand les choses sont illogiques. Je sais, je sais, il y a énormément de choses illogiques dans les Enfants de l’Ô, mais j’y travaille.

Donc, grosse réflexion sur ce problème de déplacement entre les planètes. Et réflexion plus générale sur les planètes elles-mêmes :

  1. Sont-elles nécessaires à l’histoire ?
  2. Sont-elles inévitables ?
  3. Représentent-elles un aspect particulier de l’histoire que je vais exploiter ?

Ayant répondu un non plus ou moins décidé à ces trois questions, je réfléchis un peu plus loin et fais une autre constatation : depuis le début, cette histoire de planètes me dérange. Et surtout, je n’arrive pas à le gérer. Mon roman se passe sur une planète, mais il pourrait aussi bien se dérouler dans le Pays de Gex ou dans le Canton de Genève. Je n’exploite absolument pas l’aspect “planète”, et il me dessert plus qu’il ne me sert. Depuis le début, je parle du système de planètes comme s’il s’agissait d’une sympathique petite union de minuscules pays, avec chacun maximum 200′000 habitants (sauf bien sûr la planète-mère) et la superficie du Luxembourg.

La technologie n’est clairement pas assez évoluée pour supporter des transports ultra-rapides entre lesdites planètes, et quand Alicha se rend sur Alpha pour une série de conférences, on dirait presque qu’elle prend l’avion pour aller à New York.

Il y a un autre point qui m’ennuyait beaucoup : la probabilité de trouver des planètes “habitables” (et je ne parle pas de planètes habitables avec un scaphandre de 50kg et une bouteille d’oxygène mais bien de planètes identiques à la Terre pour ce qui est de la température, de l’atmosphère, de la gravité, de la dimension, de la rotation, etc. etc.) dans l’univers proche est tellement faible qu’elle approche de zéro. Du coup, en avoir tout d’un coup une quinzaine, ça le faisait moyen. Surtout que ce n’est pas tout, mais les gens, il faut les transporter, sur ces planètes, avec des matériaux, de la nourriture, etc. On ne peut pas les parachuter genre “bon, démerdez-vous, on repasse dans 10 ans”.

Je n’ai pas l’intention de laisser tomber entièrement le système de planètes, mais pour l’instant, au stade où en est l’histoire, je pense qu’une seule planète suffit. Alpha est une planète de la taille de la Terre, et n’oublions pas qu’actuellement, il y a encore de nombreux coins non explorés. Moi, si j’étais un colon en train de coloniser une nouvelle planète et que je me battais pour mon indépendance, je n’irais probablement pas me balader dans l’espace pour trouver une autre planète alors que j’ai déjà du mal à peupler un dix-millième de la surface de la mienne. Trois cents ans plus tard, il ne me paraît pas étonnant que la “civilisation” soit centrée autour de la première ville, qui s’est bien développée (genre mégalopole américaine ou asiatique), et qu’une myriade d’autres petites villes voient le jour un peu partout. Certains endroits moins sympathiques restent vierges (qui a envie d’aller se les peler au pôle ou de crever de chaud au milieu du désert ?) et les coins les plus éloignés des grandes métropoles sont moins peuplés également.

Bref, c’est décidé, exit le système planétaire débile façon science-fiction bas de gamme et “j’ai commencé à écrire cette histoire quand j’avais 13 ans”, et place à un système plus logique. Evidemment, dans l’histoire publiée en ligne, rien ne change. Je ne veux pas commencer à perturber les lecteurs.

Qu’en pensez-vous ?