Table des matières pour Correction
- Le métier de correcteur
- Le métier de correcteur - deuxième partie
- Le métier de correcteur : troisième partie
QU’EST-CE QU’UN CORRECTEUR ?
Afin que la pensée des auteurs soit exprimée le plus clairement possible avec toute la précision de fond souhaitable, le correcteur met à la disposition du client ses connaissances et ses capacités rédactionnelles, mais surtout il exerce un rôle de « lecteur critique ».
Les fautes de frappe, les orthographes défectueuses, les interversions de lettres, les inattentions sont courantes : mieux vaut être « rémunéré » que « rénuméré », « le pinot d’Alsace » et le « pineau des Charentes » sont tous deux à consommer avec modération ! Et que dire d’une belle voiture d’un jaune rutilant (ne serait-ce pas plutôt rouge ?) Sommes-nous à côté d’un terrain pétrolier (ou pétrolifère ?)…
Il n’est pas toujours facile d’éviter les paronymes (à ne pas confondre avec les patronymes !) Collision et collusion/éminent et imminent/éruption et irruption…, les homonymes (cours/court/cour et courre…), les pléonasmes (importer de l’étranger/monopole exclusif/dunes de sable…) ou bien encore les redondances (je l’ai vu de mes yeux/le voisin d’à-côté/monter en haut/le moindre petit…).
Mais le correcteur traque toutes les fautes, tant grammaticales, orthographiques, syntaxiques que lexicales et assure ensuite une présentation typographique de qualité en s’appuyant sur les règles en usage à l’Imprimerie Nationale. Être « bon » en français n’est donc pas suffisant, le rôle du relecteur va largement au-delà. Il intervient également sur le choix des polices et des corps de caractères, la mise en page (positionnement des titres, alignement, colonnes, justifications des paragraphes, interlignages), l’utilisation de l’italique, des majuscules (exemple : habiter dans l’Est ou dans l’est de la France), des abréviations, des symboles, des mots étrangers…
Dépourvu de signes de ponctuation, un texte sera le plus souvent inintelligible, incompréhensible, et fourmillera d’ambiguïtés.
« Je trouve obscène le texte dépourvu de ponctuation : il étale lourdement sur la page l’épaisseur encombrante du langage, enveloppé dans sa graisse, incapable de se mouvoir. Il suffit de quelques virgules et de quelques points pour que cette masse adipeuse retrouve ses ligaments, ses attaches, qu’elle se soulève et se promène, vêtue d’une espèce de gaze qui l’allège et la sublime. » (Jean-Michel Maulpoix, « Éloge de la ponctuation »)
Un bon usage, ne serait-ce que de la virgule, peut modifier le sens d’une phrase. À l’inverse, mal utilisé, il peut aboutir à une absurdité, voire une amphibologie.
« La célèbre chanteuse Édith Piaf n’est pas morte comme on l’a dit… » S’agit-il de remettre en cause le décès de l’artiste ou les circonstances de sa mort ?
Ou encore : « J’ai loué un bateau avec marin bien équipé. » (Ho ! vraiment ?)
« Il a renversé un jeune motard qui a eu les jambes broyées et s’est enfui. » (Phénoménal, non ?)
La même remarque peut être faite avec les épithètes qui changent absolument le sens d’une expression ou d’une phrase selon qu’ils sont placés devant ou après le nom qu’ils qualifiaient. Nous préférons donc rencontrer « un beau vieux » plutôt qu’un « vieux beau » et je veux qu’elle mette sa « propre jupe » et non sa « jupe propre ».
Vous l’aurez compris, être correcteur est un vrai métier et grâce à lui, vous y gagnerez aussi en crédibilité, car vos écrits seront le miroir de votre réussite. Votre image de marque en sera renforcée. Le poids de vos mots pèsera dans la balance de votre force de persuasion.
« L’orthographe est la politesse de la langue » disait Jean Guéhenno (académicien et critique littéraire français.)
A suivre bientôt : le salaire d’un correcteur et les possibilités d’emploi.

le 20 octobre 2009
à 12:23
Bonjour,
Super ce site.
Je suis un ancien du CEC.
J’ai trouvé une faute.
Bisous
le 27 octobre 2009
à 16:57
Bonjour,
Je souhaite, en vue d’une reconversion, suivre une formation de correcteur-relecteur mais j’hésite entre les 2 centres qui existent à Paris, à savoir l’EMI et FORMACOM. Elles proposent sensiblement le même programme sur une durée qui va du simmple au double ! L’une est diplomante, l’autre pas. Où pourrais je trouver des informations sur la réputation et la crédibilité de ces organismes dans le monde de l’édition et de la presse ? Merci beaucoup pour votre réponse.
le 27 octobre 2009
à 20:45
Je ne connais pas l’EMI, mais je sais que FORMACOM a une très bonne réputation. Je vais essayer d’arranger un article par un ancien de Formacom bientôt, donc n’hésitez pas à revenir sur le blog.
Actuellement, je suis la formation du CEC, par correspondance, qui existe aussi en cours du soir sur Paris. Bien moins chère que FORMACOM, je pense qu’elle est aussi moins complète, mais de toute manière.
le 8 janvier 2010
à 11:22
Bonjour Vanessa, Isabelle, et Filipo-ancien-du-CEC !
Je suis une jeune auteur et rédactrice très intéressée par la correction, et qui me pose la question de commencer la formation du CEC. Mais je paierais de ma poche, alors autant dire que je veux être sûre de mon choix.
Pouvez-vous me donner vos impressions sur la formation CEC ? Aviez-vous un très bon niveau avant de l’entreprendre, êtes-vous complétement satisfaits, quel impact la formation a-t-elle eu sur votre travail ?
Merci !
PS : Vanessa, tu n’as pas terminé ton message… “de toute manière” ???
le 8 janvier 2010
à 12:14
Ah oui, curieux… Ce que je voulais dire, c’est “mais de toute manière, en ne vivant pas à Paris, on n’a pas tellement le choix”.
Alors, mes impressions : je pense qu’il y a des trucs très bien dans cette formation par correspondance. Les cours sont intéressants, les corrections des devoirs aussi, j’y ai appris plusieurs choses que je ne connaissais pas et que je n’avais pas trouvées dans les livres.
Mais il faut beaucoup bosser à côté, si on n’a pas un excellent niveau à la base (enfin, c’est mon avis. Personnellement, sans me vanter, je pense que j’avais un excellent niveau de base, j’ai d’ailleurs fait plusieurs corrections de romans et de thèses avant de commencer la formation, et les gens étaient satisfaits). Cela dit, sans un excellent niveau de base, j’imagine qu’il est impossible de travailler efficacement dans ce milieu.
Pour l’instant, j’ai découvert quelques règles vraiment intéressantes, et je me réjouis d’en découvrir d’autres. Si jamais, on donne aussi nos impressions dans cet autre article : Le métier de correcteur : troisième partie.
Je pense que le prérequis numéro 1, c’est qu’il faut être passionné par ce qu’on fait.