Les Enfants de l\'Ô

de l\'écriture à la publication

Archive pour mai 2008

Méthode de travail - Vanessa

Un article de Vanessa du Frat11 mai 2008 à 22:54

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Après l’impressionnant article de Lily sur sa technique d’écriture, je vais vous parler de la mienne, très très différente. Les gens s’imaginent souvent que lorsque l’on écrit une longue saga comme les Enfants de l’Ô, on est très organisé, avec des listes partout, des fiches de personnages, une fresque chronologique très détaillée, des centaines de notes, etc. etc.

Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis une personne extrêmement bordélique. Je me retrouve très bien dans mon désordre, mais il est vrai que j’aimerais parfois être plus organisée. Je travaille là-dessus, progressivement. J’ai même acheté un carnet spécial pour me faire des fiches de personnages et développer l’univers des Enfants de l’Ô. Pour l’instant, je n’y ai écrit qu’un truc, et qui n’est même pas important pour ce que j’écris actuellement.

L’histoire des Enfants de l’Ô a germé dans ma tête il y a de cela plus de dix ans (13, pour être exacte) et a tellement changé au fil du temps que seuls les personnages principaux (les jumeaux Tio et Tia Romavitch) sont restés, avec une minuscule partie de l’histoire. Il y a des avantages et des inconvénients à traîner une histoire sur si longtemps. On connaît parfaitement ses personnages, leur caractère, leur passé. Cela leur donne un certain réalisme. En revanche, on ne voit plus les défauts de son histoire (voir cet article), ce qui n’est pas bon du tout.

Je n’ai pas à proprement parler de méthode de travail. Je me mets devant mon écran ou devant ma feuille, et j’écris. J’ai, pour mon histoire, ce que j’appelle des “balises” : des passages obligés. Entre deux balises, je laisse l’histoire se développer toute seule. L’important, c’est d’arriver à la prochaine balise. Là encore, points positifs et points négatifs : l’histoire est dynamique, je ne m’ennuie pas en l’écrivant, mais elle a également tendance à prendre des proportions incroyables.

Certes, je pourrais cadrer mon histoire, écrire un plan détaillé, chapitre par chapitre, mais franchement, je préfère m’amuser un peu plus. Me retrouver à simplement lier des événements listés et parfaitement saucissonnés, cela ne me plaît pas. Pour moi, une grande partie de l’intérêt d’écrire réside dans le fait de découvrir l’histoire peu à peu.

Très souvent, lorsque je commence un chapitre, je ne sais qu’une partie de ce qui va s’y passer. L’autre partie arrive toute seule, quand je ne l’attends pas, et bien souvent, elle aboutit à de nouveaux développements de l’histoire, qui la rendent plus intéressante. Après un certain point, je suis obligée de faire des plans, par exemple lorsque l’histoire touche à sa fin. Mais je me connais : je prévois trois chapitres, je me retrouve avec trente.

Pour vous donner une petite idée, avant de réécrire ce qui est maintenant la première partie des Enfants de l’Ô, j’ai fait un plan détaillé, chapitre par chapitre. Actuellement, je me trouve, sur ce plan, au chapitre cinq… Les plans et moi, apparemment, ce n’est pas l’amour fou.

J’ai très souvent de nouvelles idées pour le roman quand je conduis, quand je suis dans la salle d’attente du médecin, juste avant de m’endormir, etc. etc. Du coup, je me balade toujours avec un petit calepin rempli de notes, que je ne relis jamais (d’où l’intérêt), puisque si l’idée est bonne, elle reste. J’ai également un dictaphone, parce que lorsqu’on se réveille à 3h du matin avec une idée géniale, on n’a pas forcément envie de remuer la pièce pour trouver une feuille et un stylo.

Cela dit, pour la correction en profondeur du roman, j’ai l’intention de poser quelques bases : une chronologie détaillée, des données bien étudiées sur le monde, son fonctionnement, des fiches pour les personnages secondaires (parce que j’ai l’air maligne quand je dois feuilleter mon bouquin pour retrouver comment s’appelle tel ou tel chercheur).

Mais bon, je vais quand même dévoiler quelques trucs, sinon cet article n’a pas tellement de sens. Avant de commencer un chapitre, je prends une feuille et j’y inscris les événements clés dudit chapitre, avec, à côté, une estimation du nombre de pages que prendra chaque événement. Le but étant d’arriver à garder des chapitres homogènes, pour éviter d’avoir un chapitre de 5 pages et un autre de 25. En général, mes chapitres font 6000 mots. J’avais commencé avec 5000, mais je me suis laissée dépasser. Les derniers chapitres d’une partie peuvent être plus longs. Cette contrainte m’aide à me cadrer, et vu le format que j’utilise (publication chapitre par chapitre sur internet), c’était presque indispensable.

Autre chose : je ne refuse rien aux personnages. Parfois, j’ai un développement bien arrêté pour un chapitre, et quand j’y place mes personnages, ils refusent tout net de suivre le chemin que j’ai créé pour eux. Alors je les laisse n’en faire qu’à leur tête, du moment que les balises sont respectées. L’histoire est plus intéressante à écrire pour moi, et surtout, je ne risque pas de tomber dans le OOC (out of character).

Voilà ! A vous !



iLiad Book Edition

Un article de Vanessa du Frat10 mai 2008 à 22:44

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iRex vient juste de sortir son “tout nouveau” eBook reader : l’iLiad Book Edition. A savoir, un iLiad v2 (comme le mien) mais sans le wifi, argenté au lieu de noir, en plastique dur au lieu du plastique tout doux et presque un peu mou du mien, et avec 50 livres pré-chargés dessus.

Tout ça pour 100$ de moins que l’iLiad v2. 100$, ça fait cher le wifi, je trouve… Mais honnêtement, je ne regrette pas mon achat (même si mon routeur et mon iLiad se détestent et que le wifi ne fonctionne que chez mes parents…). La version noire est quand même vachement plus classe que la version argentée, que je trouve un peu “cheap” au niveau du look final.

iLiad, Book Edition



Que du bonheur pour le collectif Babelpocket

Un article de Ovni9 mai 2008 à 22:41

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J’ai l’honneur de vous annoncer que, dès demain, toutes les “liseuses” Bookeen Cybook3 livrables en francophonie contiendront l’intégralité du premier Tome de la “Série du Portail” de JPJ, ainsi que 9 autres oeuvres dont la nouvelle “Brad 2051″ de Vanessa, sans oublier bien sûr une nouvelle d’Irène Delse ‘”Et si la faim venait..” et sept autres textes du collectif d’auteurs de SFFF Babelpocket.

Liste des auteurs Titre
Emmanuel Guillot Confrontation
Fabrice Chotin Le mot de la fin
Fred Vasseur Exquise angoisse
Irène Delse Et si la faim venait…
J-P Julhes Les Colombes du Portail
Jacques Paionni Lui, le prophète.
L-V Cervera Merino Myriol le magnifique
Macha Sener &
Stéphane Thomas Mission Zibeon
Sylvie Parthenay Luna
Vanessa du Frat Brad 2051

Journal Officiel
http://bookeenfr.blogspot.com/2008/05/un-plus-pour-les-francophones.html

http://www.babelpocket.fr/



iLiad - les softwares

Un article de Vanessa du Frat — à 16:35

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Table des matières pour iLiad

  1. iLiad
  2. iLiad, les nouvelles photos !
  3. iLiad - les softwares

Après vous avoir présenté deux séries de photos sur l’iLiad et ce qu’on pouvait faire avec, voici quelques photos montrant les applications que l’on peut installer dessus. Evidemment, on risque de tout planter, comme je l’ai fait, mais c’est toujours le problème quand on va bidouiller dans un système de type Linux. Et en plus, je suis une bidouilleuse, donc double risque :) (je n’ai jamais réussi à faire fonctionner un système Linux plus de 2 jours sur mon ordi)

Dans les applications que j’ai installées, Abiword, une version opensource de Word, et Mozilla Minimo, un navigateur internet. J’ai également installé FBReader, qui permet de lire toutes sortes de formats de fichiers, mais je n’ai pas encore pris de photos. Cela ne saurait tarder.

Je connais très mal Abiword, donc si vous avez des infos sur ce soft, n’hésitez pas !



iLiad, les nouvelles photos !

Un article de Vanessa du Frat4 mai 2008 à 23:21

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Table des matières pour iLiad

  1. iLiad
  2. iLiad, les nouvelles photos !
  3. iLiad - les softwares

Après un peu moins de dix jours d’utilisation, voici les nouvelles photos de l’iLiad, ma liseuse de livres électroniques. Ce “gadget” est génial. Contrairement aux autres liseuses, il est accompagné d’un stylet, qui permet de prendre des notes sur les documents pdf. Je l’ai choisie aussi pour son écran 8 pouces, beaucoup plus grands que les écrans 6 pouces des autres liseuses. En plus, il a un écran en 16 niveaux de gris, donc le rendu des photos et des images est meilleur.

On peut installer un terminal Unix dessus (si on sait s’en servir, ce qui n’est pas mon cas, mais mon copain sait) et plein de programmes. Pour l’instant, je ne l’ai pas fait, car la mémoire est malheureusement assez limitée. J’ai commandé une carte mémoire qui devrait arriver bientôt et me permettre d’installer Abiword, par exemple. Je vous en donnerai des nouvelles dès que ce sera fait.

Le stylet permet d’utiliser le clavier, mais également une reconnaissance des caractères, si l’on veut utiliser le bloc à la place du clavier. (je n’ai pas pris de photos, mais je le ferai bientôt) On peut s’en servir pour prendre des notes, lors d’une conférence, par exemple, ou quand on a une inspiration soudaine. Il existe différents “modèles” de blocs : blanc, ligné, à carreaux. On peut en rajouter d’autres, évidemment.

Pour continuer sur la lancée du stylet : il est possible de choisir la couleur du trait, ainsi que son épaisseur. La gomme permet ensuite d’effacer le tout. D’après le manuel, lorsque le stylet est sorti de son encoche, cela active l’écran tactile (technologie Wacom), et lorsqu’on le remet à sa place, l’écran est désactivé, ce qui permet d’économiser la batterie.

En parlant de la batterie, je n’ai pas encore pu vraiment la tester jusqu’à ses limites. Pour le moment, elle est encore à deux tiers chargée. Les autres liseuses tiennent plus longtemps en batterie, et la durée limitée de celle-ci est souvent citée dans les articles concernant l’iLiad. De mon côté, je préfère avoir toutes les super fonctionnalités de l’iLiad et une batterie que je dois recharger plus souvent qu’une liseuse qui tient trente jours sans recharge mais qui ne me permet pas la lecture de pdf ou la prise de notes.

La lecture des documents pdf est un rêve, même au format A4. Un format A5 serait encore mieux, mais pour le moment, je n’ai mis que des A4 sur l’iLiad. On peut zoomer, on peut passer en affichage horizontal, et surtout, on peut prendre des notes et mettre des commentaires ! Après, on peut fusionner les notes au document. Je n’ai pas encore essayé, mais ça ne saurait tarder.

Le format Mobipocket (prc) est très pratique : on peut agrandir ou réduire la taille de la police à volonté. Je pense qu’on peut également changer la police, mais je n’ai pas encore essayé. En revanche, le format Mobipocket ne permet pas la prise de notes. Donc, très utile pour simplement lire, mais pour l’annotation de documents, le pdf est le format idéal.

A part ça, j’ai testé aujourd’hui l’écran en plein soleil, la lisibilité est identique à celle d’un livre format papier. Contrairement à un écran rétroéclairé, il n’y a pas de changement de luminosité, que l’iLiad soit allumé ou éteint. La technologie e-paper est vraiment révolutionnaire. Pas de reflet, on peut l’incliner comme on veut, la lisibilité reste parfaite. Point négatif : comme pour les livres papier, il n’est pas possible dans lire dans l’obscurité.

Parlons maintenant de la connectivité : l’iLiad peut se connecter au réseau avec un câble, au moyen d’une adresse IP statique ou dynamique, et peut également se connecter en Wifi, cette fois-ci seulement au moyen d’une adresse IP dynamique (mais je pense que la prochaine version du programme interne remédiera à cela). Je n’ai pas essayé de naviguer sur internet, paraît que c’est possible. On le connecte au PC via un câble USB.

Niveau mémoire : la mémoire interne est limitée. 128Mo, si je ne me trompe pas. Mais on peut l’augmenter de plusieurs manières : un slot pour des cartes Compact Flash, un slot pour les cartes MMC, un slot pour une clé USB.

Il y a une prise audio, qui permet d’écouter des mp3. Je n’ai pas essayé, vu que j’ai un iPod, je ne pense pas que je mettrai de la musique sur mon iLiad, je ne vois pas trop l’intérêt, mais pour le test, je ferai peut-être l’essai.

Je crois que c’est tout pour cette petite “review” de l’iLiad. Si vous avez des questions, n’hésitez pas ! Evidemment, je mettrai d’autres articles au fur et à mesure de ma prise en main de cette liseuse électronique, ainsi que d’autres photos.

Une petite note exprès pour François : il existe apparemment une fourre étanche, qui permet de prendre l’iLiad sous l’eau jusqu’à 5m de profond et de s’en servir. Pour les gens qui aiment la plongée sous-marine, c’est sûrement très utile, mais pour les gens qui aiment lire dans leur bain (comme moi), c’est idéal. Donc, si tu fais tomber ta liseuse dans l’eau, elle fonctionnera encore.



Salon du livre de Genève

Un article de Vanessa du Frat — à 19:06

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Mercredi après-midi, puis samedi après-midi, je me suis rendue au Salon du Livre de Genève, une sorte de mini version du Salon du Livre de Paris. Grands absents : les livres électroniques. Dommage, car j’aurais bien aimé voir le stand et discuter avec les gens.

Je n’y allais pas pour voir les éditeurs (vu que je ne compte pas publier en édition traditionnelle), mais plutôt pour distribuer mes cartes postales et me faire quelques contacts. Mercredi, j’étais accompagnée de mon cher et tendre, et du coup, ma timidité légendaire m’a empêchée d’aborder les gens. Le seul moment où j’ai repris un peu de courage, c’est quand nous nous sommes séparés pour distribuer les cartes. Du coup, j’ai un contact avec une product manager de chez France Loisirs, qui était intéressée par le concept du roman en ligne, et que je dois rappeler fin mai.

Hier, j’ai pris mon courage à deux mains, et comme j’avais une entrée gratuite pour le salon, j’y suis retournée. Là, la magie de la solitude a opéré, et j’ai distribué pas mal de cartes. C’est impressionnant de voir que même lorsque c’est gratuit, certaines personnes refusent. J’ai surtout eu l’occasion de discuter un peu avec Martina Chyba, journaliste très connue de la télévision suisse, qui m’a dédicacé son livre. Elle m’a aussi conseillé de contacter les gens d’une émission sur les nouvelles technologies, il faudra que je les appelle.

Somme toute, le salon du livre, c’est assez inintéressant, vu qu’en Suisse, les livres sont super chers, et qu’en plus, seuls les très grands éditeurs se déplacent, mais sans leur personnel. En revanche, les éditeurs à compte d’auteur flairent le bon filon et essaient d’attraper tous les auteurs naïfs dans leurs filets. Publibook avait tenté le coup l’an dernier avec moi, mais sans grand succès, évidemment. Ils étaient là encore cette année, mais je les ai soigneusement évités.

J’ai tout de même rencontré quelques personnes très sympas, qui ont accepté mes cartes avec plaisir et ont dit qu’ils iraient voir le site, car le concept les intéressait. J’ai surtout visé les caissières ou les hôtesses d’accueil des grandes maisons (Seuil, Gallimard, Albin Michel, etc.), qui s’ennuyaient ferme et avaient l’âge idéal pour les Enfants de l’Ô. C’était l’occasion de discuter un peu, vu qu’elles sont toute la journée plantées là à attendre le chalan.

Au final, aller au Salon du Livre en tant que visiteur lorsqu’on ne souhaite pas acheter de bouquin, c’est nul, et en tant qu’auteur sans bouquin à vendre, c’est nul aussi. L’an prochain, faut vraiment que je me débrouille pour aller à celui de Paris, parce qu’avec des amis, c’est toujours plus marrant.

Quelques photos, quand même :



extrait des liaisons presque dangereuses, de Luc Doyelle

Un article de lucius2 mai 2008 à 14:13

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Ses cuisses étaient moelleuses et tièdes comme deux petits pains sortis du four, et c’est tout naturellement que je pris sa main pour m’endormir comme un bébé. Elle ne l’entendait pas de cette oreille, et s’acharna à exercer des pressions sur ma paume pendant toute la durée du voyage. Pas moyen d’être tranquille dans cette voiture !

Le lendemain, sur la plage de l’Espiguette, alors que je demandais à la cantonade qui avait jeté des glaçons dans la mer, un drôle de poisson en maillot de bain se jeta sur moi pour me mordre les lèvres. Je ripostai avec courage. Le combat se termina par un match nul : soixante-douze points dans chaque camp. Une trêve fut négociée.

Élisabeth cachait fort habilement son jeu. Sous des dehors de jeune fille de bonne famille, grondait un tempérament de bohémienne. Elle vivait dans une caravane, à la lisière de Générac, et dansait tous les soirs le flamenco tandis que les Gipsy Kings jouaient Jobi, Joba à la guitare sèche. Tous les gars du village étaient là. Et Élisabeth, qui était simple et très sage, présumait que c’était pour voir les Gipsy Kings.

Un soir, je la rejoignis dans sa caravane. Après avoir essuyé deux coups de fusil du propriétaire des lieux[1], je m’engouffrai dans la roulotte moderne et repris mon souffle. Elle m’attendait, couchée, les bras ouverts. Je ressentis le besoin de prendre une douche.

(Le paragraphe suivant a été censuré par le Comité catholique des jeunes lecteurs de la paroisse de Jouy-sur-Yvonne. Veuillez nous excuser pour le désagrément.)

Nous nous promîmes monts et merveilles. Surtout des monts, car ma passion du ski était encore très forte. Je repartis pour le Jura, et il ne fallut pas longtemps pour que je décide de kidnapper mon employeur pour qu’il déchire le contrat de cinq ans qu’il m’avait fait signer le jour de mon embauche. Élisabeth avait empoché un diplôme d’ingénieuse, spécialité eaux, boues, sulfure d’hydrogène, rouille et autres sympathiques oxydations de tuyauteries. Elle était partie traîner ses sabots en Lorraine, et j’en profitai pour m’enrôler comme infirmier à Sarreguemines, en unité pour malades difficiles, catégorie Musclor, la prime de risque de 595 francs en témoignait sur mon bulletin de salaire. L’expression « malades difficiles » ne signifiait pas que les patients trouvaient la nourriture mauvaise, mais plutôt qu’ils auraient tué père et mère pour une cigarette. Certains, d’ailleurs, en étaient passés par là. Environ la moitié de la population hospitalisée, pour être précis. L’autre moitié était composée de psychotiques particulièrement imprévisibles, et tout l’arsenal thérapeutique était utilisé à seule fin de prévoir l’instant où l’un d’entre eux nous planterait un cure-dent entre les omoplates, les couteaux et fourchettes étant naturellement prohibés en ces lieux. Aussi, chaque fois que je croisais un patient se curant les dents, je me positionnais mentalement en garde, le poil hérissé, prêt à lancer mon uchi mata. Le patient le plus spontané, dans son genre, se prénommait Abdel et écrivait à ses parents, toutes les deux semaines, la même lettre :

Chers parents,

Je vous écris cette lettre pour vous demander si tout va bien et que moi aussi.

Envoyer moi au plus vite un radiocassette de marque AIWA.

Je vous embrasse,

Abdel

Les parents ne répondaient jamais, ce qui agaçait Abdel, qui passait alors le temps à fracasser des vitres de sécurité de dix centimètres de large, avec son front, puis à s’ouvrir les veines par l’ouverture pratiquée, histoire de vérifier s’il possédait, comme les autres, ses six litres de sang. S’il est vrai que la musique adoucit les mœurs, l’on pouvait observer que l’absence de musique provoquait l’effet inverse. Le cœur brisé par tant d’indifférence familiale, Abdel succomba à une crise cardiaque au cours de son ultime séance de casse frontale.


[1] Il est très difficile d’essuyer un coup de fusil. Cela demande une grande vivacité, ainsi qu’une précision hors norme.



Quelques infos sur les liaisons presque dangereuses.

Un article de lucius1 mai 2008 à 18:20

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A la demande générale (de Ness), voici le détail du parcours de ce premier roman

J’ai commencé l’écriture du roman à l’été 2006, ce qui m’a tenu en woody durant cinq mois (et en haleine aussi, par la même occasion).

Ensuite, j’ai pris Albin Michel en otage pour qu’il publie ce génial roman, mais la famille a refusé de négocier, ce qui m’a valu trois semaines de garde à vue et douze mois de séjour pénitentier à fleury Mérogis. Séjour durant lequel j’ai envoyé mon manuscrit à tous les grands éditeurs de la place de Paris. Mais le milieu étant une grande famille, j’étais grillé auprès des parrains de l’édition.

Je m’apprêtais à me faire Sepukku (ça sonne mieux que Hara Kiri, surtout depuis que le professeur Choron en a dévoyé le sens) dans une ruelle de Ste Colombe (Seine et Marne), lorsque le patron des Nouveaux Auteurs s’est penché vers moi et m’a posé la main sur le front. Outre que j’avais une fièvre fusillée (ou carabinée, rayez la mention inutile), il a senti un remarquable potentiel sous ma caboche. Il m’a accompagné chez lui, m’a fait couler un bain parfumé à la camomille, et m’a tendu une plume qu’il avait trempée dans mon propre sang, m’enjoignant à signer un contrat qui, disait-il, changerait ma vie pour toujours.

Et voilà… mon roman est paru en décembre dernier, il recueille tous les suffrages (d’où la déroute de l’UMP), à tel point qu’Amélie Nothomb a acheté une statuette à mon effigie, et tous les matins plante des aiguilles dans ce qui est censé représenter mon corps. Ça m’est parfaitement égal, car je crois aux bienfaits de l’acupuncture, et je me porte comme un charme depuis.

bon, me direz-vous, mais de quoi parle ce satané bouquin?

Bonne question, je vous remercie de l’avoir posée.

Imaginez un type quelconque. Il se prénomme Lucius. Infirmier. Mais aussi photographe. En outre, un ancien métier abandonné qu’il voudrait bien oublier. Mais voilà, sur un coup de tête que n’aurait pas renié Zinédine, il se lance à la recherche de Barbara. Son amour d’enfance. Bon, d’accord, Lucius a quarante-quatre ans, mais il n’est jamais trop tard pour faire une bêtise.

Et quelle bêtise! Son passé va lui exploser à la g.. figure comme un boomerang.

Je renonce à vous dévoiler la suite, car sinon vous n’achèterez pas ce roman révolutionnaire. Ce qui serait bien dommage.

bonne soirée à tous.

Lucius