Périodiquement, et assez souvent, en fait, j’ai de petites baisses de moral, du style de “à quoi sert ce que je fais ?” “Pourquoi est-ce que je continue à écrire les Enfants de l’Ô ?” “Est-ce que je ne ferais pas mieux de tout arrêter et de me lancer dans un truc complètement différent, quitte à mener une petite vie bien tranquille et bien ennuyeuse ?”
Là, c’est un peu le contrecoup d’Epinal. Je me suis vraiment bien amusée, et au retour, évidemment, énorme coup de fatigue, gros coup de blues aussi. Je suis tellement fatiguée que j’arrive à peine à lire, alors que ça faisait longtemps que je voulais lire Alamänder.
En plus, pour couronner le tout, il fait un temps pourri.
Vive la vie.

le 31 mai 2008
à 22:20
Tu as toute la vie pour terminer les Enfants.
Il me semble t’avoir soufflé quelque part de passer à un autre style/genre de romans/nouvelles, plus courtes, avec ces idées novatrices qui bouillonnent quelque part en toi, puisque tu les as accumulées, mais négligées pendant si longtemps et ne leur a pas donné la forme qu’elles méritaient.
Mais elle sont là, et elles te feront voyager, et nous avec toi.
Courage, Ness.
le 1 juin 2008
à 0:16
Non, mais là je parlais d’arrêter l’écriture en général. Comme je l’ai dit plusieurs fois, je n’ai ni l’envie ni les capacités pour plancher sur un autre projet que les Enfants de l’Ô. Crois bien que si j’avais une idée pour une nouvelle, j’écrirais ladite nouvelle.
Depuis le début de ma maladie (1 an et demi), je fonctionne en pilote automatique, et la seule chose pour laquelle je suis capable de faire ça, c’est les Enfants de l’Ô.
C’est dommage, mais c’est comme ça. Et pour la baisse de moral, je sais bien d’où elle vient, malheureusement, étant donné que je n’ai pas le droit de quitter mon domicile (à cause de l’assurance perte de gains) et que je n’ai pas du tout la forme physique ou intellectuelle pour reprendre un boulot quelconque, je dois prendre mon mal en patience.
le 1 juin 2008
à 8:43
Hello ma Grande,
Celà arrive souvent lorsque l’on se donne à fond dans un projet qu’à son aboutissement ou presque on ait un coup de blues ! Penses à t’accorder quelques plaisirs et pour souffler un peu tu peux mettre l’écriture entre ( ) pendant quel
le 1 juin 2008
à 8:45
….et j’avais pas fini ma phrase ??!!!!
pendant quelques temps, tu éprouveras ainsi d’autant plus de plaisir à t’y remettre. Ton livre est génial ! Bon courage et à bientôt !
Françoise
le 1 juin 2008
à 10:31
Merci, Françoise, c’est adorable de passer ici et de me mettre un petit mot !
Le problème, c’est qu’en mettant l’écriture entre parenthèses, je déprime encore plus… Ce qui me fait déprimer, c’est surtout le fait de ne plus avoir les mêmes capacités qu’avant et de galérer pour faire des choses que je faisais tout simplement avant.
le 1 juin 2008
à 13:56
Dans ce cas, Ness, il faut écrire du premier jet, sans te soucier de qualité : chercher des idées, analyser la situation de l’intrigue, chercher des pistes, rédiger rapidement, créer du matériau, alimenter une réflexion souterraine, et avancer vers la sortie du tunnel.
Lire, aussi, pas des auteurs, amateurs, pas les copains, mais de vrais écrivains, leus meilleures œuvres, les plus originales, celles qui sont des jalons importants de la littérature moderne. Celles qui demandent des efforts.
le 1 juin 2008
à 13:59
Le problème actuel, c’est que je suis incapable de lire. Je n’ai pas la concentration suffisante, à cause de la fatigue. Donc évidemment, je n’ai pas la concentration suffisante pour écrire non plus.
La suite des Enfants de l’Ô, je l’ai gravée dans ma tête, claire et précise, il me manque juste la concentration pour l’écrire. Je n’ai presque rien écrit pendant un an, j’ai eu l’occasion de travailler l’histoire et les personnages. A présent, je meurs d’envie d’écrire, mais je ne suis pas assez en forme.
En effet, il faudrait que je lise des auteurs non amateurs, j’ai lu récemment un roman de Justine Lévy, que j’ai vraiment adoré.
Merci de tes conseils.
le 1 juin 2008
à 19:53
Oui, enfin, Justine Lévy, c’est un auteur amateur, qui publie chez un éditeur parce que son papa a de l’entregent. Ce n’est pas ce genre de littérature à la mode qui va te booster.
Quant à la concentration, il faut te forcer. J’écris par a-coups de quinze minutes, ce n’est pas inhumain.
le 1 juin 2008
à 21:05
Ben tu vois, j’ai acheté son bouquin (d’occaze) avec plein de préjugés, j’étais sûre que ce serait pourri et qu’elle ne devait sa publication qu’à ses relations et à sa famille, et j’ai été surprise. Son livre était vraiment bien, et j’ai adoré sa manière d’écrire.
A part ça, si tu me conseilles Proust ou Balzac, je ne suis pas sûre d’être en état de lire ça.
En revanche, pour la concentration, je vais tester. J’essaie de me lancer dans mon chapitre X-5 ce soir.
le 1 juin 2008
à 23:30
La question, ce n’est pas que les auteurs amateurs peuvent ou ne peuvent pas écrire de bons romans : certains peuvent, on le vérifie facilement. La question, c’est de lire des choses exemplaires, mieux que bonnes, pour que nous soyons entraînés par elles, qu’elles soient nos locomotives. Je veux bien croire que Justine Lévy a écrit un bon roman (ou Marc, ou moi-même), mais ni eux ni moi ne sommes des maîtres. Nous ne pouvons pas servir de modèles. Je ne tedirai pas de lire particulièrement Proust ou Balzac (les deux m’ennuient), mais, oui, de lire des gens de ce niveau-là. Au mois un de temps en temps, au moins, tous les deux-trois mois un roman extraordinaire, et - j’insiste - de très haute qualité.
Il y a du choix, et les romans du tout dessus du panier sont assez connus. Quand même, si tu avais écrit le tome un des Enfants sous l’influence de Radiguet, on aurait un peu plus senti le désir… Si tu avais été imprégnée de Sur les falaises de marbre, on aurait mieux senti l’oppression. Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres, mais c’est ainsi, en faisant l’éponge, qu’on progresse lentement vers le but : écrire un chef d’œuvre.
Et si tu es fatiguée, personne ne t’empêche d’écrire des romans de cent vingt pages au lieu de trois cent cinquante.
le 2 juin 2008
à 11:22
Héhé, c’est vrai. Mais ça ne change pas, car je pourrais aussi écrire une nouvelle de 3 pages et je ne le fais pas.
As-tu quelques bons livres à me suggérer ?
Tu as parfaitement raison, je pense qu’il faut que je m’imprègne de quelques très bons livres avant de commencer ma correction.
Au fait, tu as avancé un peu ?
le 2 juin 2008
à 18:00
Oui, mais si tu n’écris pas, même trois pages, c’est uniquement parce que tu es une grosse feignasse. Tu as, comme la plupart des gens, envie d’avoir écrit un livre ; et non envie d’en écrire un. C’est un sentiment bien naturel mais vain. Tu as le courage de faire des centaines de kilomètres pour te montrer dans des salons littéraires, celle de composer d’inutiles sites web, celle d’acheter d’inutiles machines à lire les fichiers informatiques, d’en discuter, d’argumenter, mais pas la force d’écrire… Je ris.
le 2 juin 2008
à 19:13
T’es gentil, mais je les écris, les trois pages. Et quand je perçois que ce que j’écris est merdique, je ne persévère pas, je préfère faire autre chose et reprendre l’écriture quand je me sens moins nulle.
J’ai déjà écrit cinq livres. Je ne pense pas avoir la même envie que la plupart des gens, donc.
(et puis la centaine de km, c’est mon copain qui se l’est tapée, moi j’étais à côté de lui en train de somnoler)
A part ça, il y a sans doute une part de vrai dans l’expression “grosse feignasse”.
Tu ne m’as pas répondu sur les bons livres à me suggérer ?
le 2 juin 2008
à 21:28
C’est difficile, de répondre, comme ça. Cela dépend de tes goûts, aussi. Je t’ai cité deux romans exemplaires, Le diable au corps (Radiguet), Sur les falaises de marbre (Jünger). Le Jünger est assez dur. En Science-fiction, on peut lire la trilogie d’Asimov : Fondation, Fondation et Empire, Seconde fondation. C’est exemplaire pour la construction logique. Si tu tombes dessus, le début (le début seulement) du polar célèbre Le faucon de Malte, de Dashiell Hammett expose magistralement toute la problématique en trois pages. Ensuite, c’est du polar, bien charpenté, mais un peu longuet.
Comme roman très original, je cite toujours Flatland, d’Edwin Abbott. C’est un roman géométrique et philosophique, mené de main de maître. Pour l’expression des sentiments, tu peux aller voir La plage d’OStende, de Jacqueline Harpman, une adaptation du roman médiéval Tristan et Yseult, dans la bourgeoisie bruxelloise (des gens assez proches de Ruan et sa fiancée, finalement). En pseudo-science-fiction, son très étonnant roman Moi qui n’ai pas connu les hommes est exemplaire.
Chez les plus anciens, La métaporphose, de Kafka, très court roman, est aussi exemplaire : descente en enfer, sans espoir de revenir. Les Lettres de mon Moulin, d’Alphonse Daudet sont parfois aussi des exemples parfaits de récits implacables : La chèvre de Monsieur Seguin et L’élixir du révérend père Gaucher, deux chefs d’œuvre absolus. En plus Daudet a l’une des plus belles langues qui soient, comme La Fontaine, Jules Verne ou Boileau.
Sinon, il n’est jamais mauvais de lire un peu de Stendhal, Flaubert, Maupassant, George Sand (très belle écriture toute simple), Colette, etc. Tu n’es pas obligée de te taper les grandes œuvres, souvent très longues, ils ont aussi écrit des nouvelles. On les trouve facilement en ligne. Ta liseuse trouvera un usage…
le 2 juin 2008
à 21:41
J’adore Maupassant. Et j’ai déjà trouvé Flatland en format électronique, pour ma liseuse. Merci pour tes conseils. La trilogie d’Asimov, c’est dans mes lectures futures, avec Hypérion, de Dan Simmons.
le 2 juin 2008
à 22:02
Tu pourrais… heu… écrire une pastorale, un truc heureux qui ferait une entr’acte dans ta saga… ?
le 2 juin 2008
à 22:16
Attends, moi, écrire un truc HEUREUX ? Non mais tu m’as bien regardée ? Est-ce que j’ai une tête à écrire un truc heureux ?
le 2 juin 2008
à 23:11
Quand je vois la tête que tu faisais à Paris, je me dis que tu pourrais.
le 2 juin 2008
à 23:51
Ben j’étais contente de te voir enfin !
le 3 juin 2008
à 0:10
C’est gentil, mas pas que de me voir enfin.