Aujourd’hui, j’ai pensé à mes pauvres lecteurs malheureux abandonnés dans leur coin, et au lieu de continuer mon chapitre 9-V, j’ai corrigé le chapitre 21-II pour publication sur le site. Comment dire… Je me suis arraché les cheveux ? Je me suis roulée par terre de désespoir ? J’ai hurlé à la mort pendant une demi-heure et mes voisins m’ont jeté des tomates ? Bref. Le temps passe vite, et je pense avoir pas mal évolué depuis l’écriture de ce chapitre. Je ne sais pas pourquoi il m’a marqué davantage que les chapitres précédents au niveau de la médiocrité du style, peut-être que j’étais particulièrement critique, ce soir, mais bon.
C’est incroyable les horreurs que j’ai retrouvées dans ce chapitre. La plus grosse : “Elle croisa les bras sur sa poitrine, une main sur l’épaule de Mikhail”. Oui, on ne le savait pas encore, mais Lyen, non contente d’avoir des yeux de chat, a également trois bras. La honte. Enfin, heureusement, je l’ai remarqué. Les phrases m’ont parues répétitives, toutes construites sur le même modèle, parfois construites de manière réellement biscornues. J’ai l’impression d’être une adepte de l’adage “pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?” Et en effet. Pourquoi écrire “une robe faite spécialement pour elle” quand on peut écrire “une robe faite sur mesure”, qui est exactement la même chose en plus simple ? Certaines phrases m’ont fait frémir d’horreur.
Je pense avoir rattrapé le coup pour la publication en ligne, mais il est clair que j’aurai un gros, un très très gros travail de correction à faire avant la publication papier.
C’est amusant de voir à quel point je fais attention maintenant à des lourdeurs de style que je n’aurais sans doute pas remarqué auparavant. C’est l’effet “une heure de relecture sur chaque chapitre de la première partie” qui se manifeste. Et j’ai bien écrit “relecture” et non “correction”. Car évidemment, j’envisage un peu plus (et c’est une euphémisme) d’une heure de correction par chapitre, vu le boulot…
Mais en même temps, ça me fait plaisir de voir que je remarque facilement mes erreurs et que je ne les commets plus dans mes écrits actuels. Je reste lucide, je suis sûre que dans deux ans, je serai horrifiée de mon niveau d’aujourd’hui et que je m’évanouirai de désespoir à la vue de ce que j’écrivais il y a quelques années.
L’écriture, c’est vraiment une évolution constante. On n’arrête jamais de s’améliorer, et on n’arrêtera jamais de s’arracher les cheveux en se relisant.

le 22 avril 2008
à 0:11
En ce qui me concerne, j’apprends surtout en lisant beaucoup les autres, maintenant que j’ai le temps de le faire, et même de les lire en prenant le temps, comme pour “imprimer” en négatif mes propres défauts d’écriture.
Mais surtout, Ness, ne touche pas à tes cheveux, STP
le 22 avril 2008
à 11:10
C’est vrai que beaucoup lire, c’est impératif. Mais ce qui m’a vraiment fait réaliser les gros problèmes de mon style, c’est la relecture extrêmement sévère que j’ai faite sur mon premier tome. J’attends la correction de François pour comparer avec la mienne, en espérant que la plupart des remarques se recoupent

T’inquiète, mes cheveux, c’est sacré !
le 23 avril 2008
à 12:47
Hu-hu… en relisant Antò, je me suis aperçu de petites horreurs pullulant dès la première page. Des petites horreurs de trois lettres qui reviennent avec une régularité frappante: on ne se relit jamais assez. Pour le style, comme on évolue tout le temps, on pourrait s’y remettre perpétuellement. Quand tout semble aller, on se rend compte deux semaines plus tard que c’était tarte, et alambiqué en plus parce qu’on avait mis des virgules à chaque coin de mot (pour faire joli). Passe un mois et on grommèle parce qu’on n’avait même pas vu ça, et ça, et ça, et puis… oh! mon Dieu! quelle horreur! Un an s’écoule, et comme pour les vieilles bicoques, on tente une réhabilitation. Et soudain au bout de cinq ans, on relit en pensant qu’il y aura vraiment trop de boulot. On pourra peut-être garder la façade, mais pas plus. Faut tout reprendre. (Et c’est ainsi que je m’apprête à démolir pour mieux reconstruire un machin qui me poursuit depuis si longtemps que je sens que je vais être très très méchant avec…)
Mais pourquoi n’a-t-on pas choisi comme passion la broderie sur soie? La mosaïque? La généalogie? L’étude approfondie des poacées? Tout de même, on n’en serait pas là…
le 23 avril 2008
à 12:52
Pfff… je suis sûre que nous aurions eu les mêmes problèmes avec la broderie sur soie
Nous sommes trop perfectionnistes, tous les deux, enfin, toi beaucoup plus que moi !
Le truc qui te poursuit depuis longtemps, ce ne serait pas l’Etoile des Chiens ?
le 23 avril 2008
à 13:33
Non, c’est Bazar des Anges! Qui voit passer sa narration à la première personne à une narration à la troisième, qui sera plus pratique pour en rajouter là où il faut. Vaste chantier!!!
le 23 avril 2008
à 20:26
@ JC
Je viens de terminer Antò, lu d’une seule traite.
Tu as un grand talent de conteur de merveilleux.
Cette histoire ouvre naturellement la porte à un roman complet, car on reste sur sa faim.
Allez, à ton clavier, JC, c’est du tout bon.
Elle mérite amplement d’étoffer notre liste Fantastique sur Babelpocket.